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La recherche autonome commence ici : l’exposition du Programme primaire

Pour plusieurs élèves de l’IB, l’exposition du Programme primaire (PP) constitue leur première grande expérience de recherche autonome.

En tant qu’exigence finale du PP, l’exposition s’avère stimulante, dynamisante, et enrichissante pour les élèves, les enseignants, les parents et la communauté en général.

Pour obtenir deux points de vue sur la mise en œuvre, l’aménagement, l’évaluation, et les retombées à long terme de l’exposition, nous nous sommes entretenus avec Jimena Taboada, coordonnatrice du PP à l’école St Brendan’s en Uruguay, et DJ Thompson, coordonnateur du PP à Stratford Hall au Canada.

La joie de l’apprentissage

Jimena Taboada décrit l’exposition comme « un rite de passage et une célébration de l’apprentissage ». Madame Jimena considère que l’exposition contribue à unir la communauté. « Chacun apprend de l’autre : les élèves, les parents, les enseignants, et la communauté. »

Monsieur DJ Thompson croit que l’exposition du PP constitue « le point culminant du programme et qu’il recèle un potentiel illimité. » Il explique que les élèves sont engagés dans tout le processus, incluant la détermination de ce qui sera enseigné et comment cela sera enseigné.

Le choix d’un thème global d’exposition

Pour plusieurs écoles du monde de l’IB, le point de départ consiste à établir un thème transdisciplinaire à partir duquel les élèves choisiront les questions à approfondir.

Madame Taboada explique que ces dernières années, St Brendan’s a fait participer les élèves, les parents et la communauté dans le processus de sélection du thème. Mais cette année, les responsables de l’exposition ont eux-mêmes choisi le thème « Où nous nous situons dans l’espace et le temps » et ont demandé aux élèves de se remémorer les connaissances acquises à l’aide du thème choisi au cours des années précédentes. C’est alors que les élèves ont été invités à considérer de nouvelles avenues en vue de l’exposition. « En tenant compte de leurs propositions, nous avons regroupé les élèves qui avaient des sujets similaires. Certains élèves peuvent choisir d’explorer un sujet individuellement, tandis que d’autres peuvent se joindre à un groupe qui a choisi de travailler sur un sujet semblable. »

À Stratford Hall, M. Thompson et le personnel enseignant choisissent un thème transdisciplinaire lié à des préoccupations locales présentes dans la communauté. «Nous examinons alors, à l’intérieur de ce thème transdisciplinaire, les sujets que les élèves peuvent aborder dans leurs expositions». Cette année, l’école a choisi le phénomène des sans-abri à Vancouver, et les élèves vont choisir des sujets connexes, comme par exemple, les droits de l’enfant tels que définis par les Nations Unies. « À titre d’exemple, les élèves peuvent explorer des thèmes comme le logement abordable, la création de refuges adéquats pour les sans-abri, les banques alimentaires, voire la dépendance à la drogue et à l’alcool. »

Le processus du choix des thèmes transdisciplinaires varie d’année en année et d’une école à l’autre. « Nous essayons de garder l’aspect nouveauté dans le processus, pour les élèves aussi bien que pour les enseignants », dit monsieur Thompson. «Nous abordons souvent les problématiques présentes dans la communauté. Durant une certaine période, nous avons exploré des sujets liés à l’environnement; dorénavant, nous étudions les droits de l’homme. Si une exposition est conçue de façon adéquate, elle peut porter sur à peu près n’importe quel sujet.

Madame Taboada a également mentionné les besoins de la communauté comme facteur important de décision dans le choix d’un thème transdisciplinaire.

Faciliter les initiatives des élèves

Tant madame Taboada que monsieur Thompson se considèrent comme des «facilitateurs». « J’ai coordonné des expositions depuis 1998, dit madame Taboada, et j’avais l’habitude de devenir frénétique à m’occuper de chaque détail. J’ai appris à donner aux élèves le pouvoir d’agir de façon plus indépendante, tandis que je m’occupe de coordonner et de créer des synergies. J’aide les élèves à combler les vides et à accomplir ce qu’ils ont planifié, qu’il s’agisse de visiter un musée ou de consulter une personne importante ».

Monsieur Thompson a comme politique de maintenir les expositions sous la gouverne des élèves. « Je ne dois pas contrôler leur recherche ou la façon dont ils l’effectuent, mais je contrôle le processus pour assurer qu’il profite également à tous les élèves ». Monsieur Thompson a conçu un manuel de procédures pour guider les élèves et pour surveiller leur apprentissage tout au long du processus. Il décrit le manuel de procédures comme étant « un document vivant qui évolue selon nos expériences au cours de l’exposition ».

Un solide soutien de la part des enseignants et des parents

St Brendan’s et Stratford encouragent un solide engagement de l’école et des parents dans le processus d’exposition. Monsieur Thompson a souligné l’importance pour les parents de s’engager tôt dans le processus par le biais de soirées d’information à leur intention. « Nous les informons rapidement du thème transdisciplinaire choisi, de sorte que s’ils ont accès à de l’information ou à des ressources pertinentes, nous puissions les utiliser ». Monsieur Thompson insiste également sur la nécessité pour les parents d’agir comme groupe de soutien pour leurs enfants au moment où ils entreprennent leur première recherche autonome importante.

Durant le processus, madame Taboada tient rapidement des sessions de coordination et invite les enseignants à devenir des tuteurs pour l’exposition. Elle associe également les autres départements de l’école pour répondre aux besoins de l’exposition, comme, par exemple, faire en sorte que le département de l’entretien puisse mettre à la disposition des élèves l’équipement et le matériel dont ils ont besoin pour les présentations.

Une étape importante pour l’avenir de l’élève

Madame Taboada et Monsieur Thompson considèrent tous les deux l’exposition comme une étape importante dans le déroulement de l’éducation de l’élève, dans sa carrière et tout au long de la vie. Monsieur Thompson a souligné l’importance pour les élèves d’acquérir une meilleure connaissance d’eux-mêmes. « Mon plus grand objectif est que les élèves participent à l’exposition et acquièrent une connaissance de qui ils sont en tant qu’apprenants – quelles sont leurs forces et quels sont les points qu’ils doivent travailler. C’est ce qui fait que l’exposition atteint véritablement son objectif ».

Madame Taboada conclut : « Si nous pouvons aider les élèves à accomplir quelque chose d’important et qu’ils en sont fiers, nous les rendrons capables de garder une longueur d’avance tout au long de leur cheminement. Quand vous aimez apprendre, vous vous sentez comme si vous pouvez apprendre pour la vie ».